lundi 6 avril 2020

Le Monde éveillé est juste au pas de ta porte






Le bonheur est la motivation


6 avril

De toutes les matières,
C’est la liberté que tu préfères
Elle se gagne aussi en apprenant
Et risque de durer plus longtemps

Le monde éveillé est juste au pas de ta porte

Ce temps de confinement, le soleil vient provoquer nos envies de prendre la clé des champs et d'ouvrir la porte d'un monde éveillé...celui où la nature nous invite à venir danser avec elle, nous rappelant que son invitation restera toujours ouverte, intemporelle comme ces airs qui, autrefois, berçaient nos oreilles...
"Si tu reviens jamais danser chez Temporel, un jour ou l'autre
Pense à ceux qui ont laissé leurs noms gravés auprès du nôtre
D'une rencontre au bord de l'eau, ne restent que quatre initiales
Et deux coeurs taillés au couteau dans le bois des tables bancales..." G.Béart


Un monde "éveillé" parce que celui où vient de s'interrompre le quotidien de la plupart des humains s'endort dans une routine et un gavage artificiels des consciences. Le Covid 19 ouvre le carnet de bal des bêtises des grands de ce monde, de leur mauvaise foi versée sous le tapis argent car après quelques instants d'un apitoiement peu sincère, on songe déjà à relancer la machine à sous, la machine économique, la machine à brasser l'inutile, à gonfler les egos, à se sentir tellement supérieur qu'on en est plutôt condescendants et cons ne descendant jamais là où danser est impossible...auprès des petites gens.
Le monde éveillé est magnifique et pas besoin de prendre l'avion pour aller le découvrir. Hier, nous avons marché sous le soleil, empruntant un chemin ignoré par manque de temps et la nature nous a montré de sa beauté une infime partie mais cela nous suffisait....
S'il est vrai que nous traversons une période difficile au bout de laquelle  beaucoup d'âmes auront pris leur envol nous rappelant que c'est une tragédie quand celles-ci auraient pu danser encore longtemps, ( et je ne vais pas m'engager dans le jeu risqué du "rendez-nous des comptes vous les grands dirigeants de ce monde qui ne dirigez que le profit pour le profit") il faut malgré tout garder notre coeur et notre raison grands ouverts sur l'Essentiel. Il est là, oui, bien là, au pas de notre porte...auréolé de soleil, parfumé d'intemporel...à l'entame et au détour d'un chemin....
Ne serions-nous pas alors comme un astre au milieu du monde, comme un être serein, léger, libéré de ses pesanteurs, de ses fausses libertés, de ses artifices? Ne serions-nous pas capables d'embrasser l'univers? Ah! Comme il doit être bon de chanter à la terre un bonjour divin....                                Nous ne serons plus vraiment les mêmes au bout de ce long confinement. (J'aurais pu dire aussi que la différence entre un artiste confiné et un grand de ce monde confiné est qu'à la fin du confinement l'artiste in fine restera un artiste tandis que le grand de ce monde in fine restera con) ...
Je gage que nous soyons tous désireux d'ouvrir grand la porte au monde "éveillé" et de convertir les somnambules du pouvoir et du profit à la Joie d'aller danser de nouveau du côté de chez Temporel...

dimanche 5 avril 2020

Le pèlerin





« Le bonheur est la motivation »

5 avril


Tu décroches ?
Dis-toi que le plus souvent
C’est plutôt sain.
Tu te remets en question ?
Souvent, il est bon de donner
Du sens à nos actions




Le pèlerin

Œil à la serrure,
La lune épie l’ombre qu’elle fait sur la route du pèlerin.
Sa marche est musique.
Mouvement son, mouvement son.
Eurythmie cardiaque.
Il marche au cœur avec peu de raison.
Trace sa foi jusqu’à l’horizon.
Il marche qu’il en oublie ses premiers pas,
ses balbutiements et plus vite ses frénésies, ses fractures et ruptures, verticalités du futur.
L’arbre qu’il dépasse, pourquoi ne le regarde t’il pas ?
Sans cesse, il veut se recentrer au monde
qui tourne sous ses pas.
Il est le marcheur sur balle, équilibriste de l’univers.
L’arbre qu’il dépasse sait déjà tout cela.
Chaque pause est une halte et trop vite une torture.
Ce qu’il porte est plus qu’une croix.
Dieu n’est pas de ce monde.
Dans son pas, il y a la jouissance amplifiée
D’un chant qui préserve sa cadence
D’une fatigue ennemie et qui et qui et qui et qui….
Ce qu’il porte a le parfum volage de la mort
Et si la lune le voulait,
Elle cristalliserait ses yeux qui sont ceux du châtiment.
Il marche, il marche, il marche et ne s’arrêtera jamais.    2008



Ce dimanche habillé d'été, le confinement va peut-être frôler les fausses notes, les fausses routes et aiguiser notre manque de l'autre, des autres et en particulier des êtres qui nous sont chers mais c'est aussi le dimanche des rameaux et les célébrants se désolent sans doute de ne pas rencontrer les fidèles....Aujourd'hui la Foi sera quelque peu virtuelle.
Ce dimanche, j'apprécie cette photo faite à la sortie d'un hiver où un oiseau semble figé dans l'enchevêtrement des branches et pourtant, il sait où il va s'envoler. Cette certitude est là aussi figée en lui comme un destin, comme un instinct...alors ce dimanche, j'avais envie de partager avec vous ce texte intitulé"le pèlerin".
Si d'aucuns d'entre vous pourront s'élancer sur les chemins forestiers ou de campagnes,d'autres n'auront peut-être que l'espace d'une terrasse ou d'une ruelle pour prendre le soleil comme une espérance dans la face mais le pèlerin voyage aussi bien dans sa lumière de coeur.
Ce dimanche ma foi, je le consacrerai à cette Foi de pèlerins qui nous anime mais qui n'étanche sans doute pas sa soif à la même source divine et qu'importe. Il y a dans le confinement, des évidences que personne ne reniera. Nous partageons un voyage introspectif, secret, qui nous ramène à l'Essentiel...Nous sous les ailes d'un Pèlerin qui ne s'arrêtera jamais!
Aujourd'hui, c'est un beau et bon dimanche pour s'envoler!

samedi 4 avril 2020

Huit enfants en piste et deux petits fils dans les starting blocks

                                                                                                               Marius

« Le bonheur est la motivation »


4 avril

Il y a les sprinteurs et les coureurs de fond
A l’école, c’est la même chose
Mais pas de chrono car le temps
Et la ligne d’arrivée sont immuables
Dès lors, il serait bon de s’accorder
Pour gagner tous ensemble


Huit enfants en piste...

En 1982-83, je suis en première à l'Ecole Normale d'Andenne et notre chère pédagogue Madame Vanesse nous demande combien d'enfants nous aimerions avoir. Spontanément je réponds: huit! Près de trente ans plus tard, Rose naîtra faisant de moi un papa pour la huitième fois...et depuis deux ans je suis un grand-papa comblé.
Huit enfants sur la piste, chacun dans son couloir, chacun dans sa course...à moins que ce ne soit la piste du cirque alors chacun est lancé dans son numéro ou le prépare fiévreusement en coulisses...à moins que ce ne soit la piste des indiens alors chacun marchera vers la Sagesse et deviendra une personne aimable,respectable et heureuse.
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire du coureur au couloir numéro 5...Marius. Marius le conquérant, le déterminé marcheur dans l'ombre,prêt à jouer dans sa propre lumière. Comme le disait Pagnol: "sacré Marius!" ...un artiste sportif ou un sportif artiste comme son paternel. Une future plume qui sommeille parfois trop mais comme le font sans doute les plumes adolescentes. Au couloir numéro 5, le plus rapide de la bande...espérons que s'il arrive avant nous, il ne soufflera pas ses 16 bougies avant l'apéritif.
La vie m'a confié ma tribu tandis que mon métier m'en a confié bien d'autres...des dizaines et des dizaines de petits coureurs de fond, de sprinters et même d'anges déjà partis faire des chronos en d'autres cieux.... La vie m'a confié une descendance mais je ne regarde pas encore vers le bas...je regarde en haut grimper mes huit de cordée,fier comme un père peut l'être quand le relais ne s'arrête pas...

vendredi 3 avril 2020

Ecrire...

                                                                                                   Photo de G.Simon



Bonjour à vous qui suivez ce blog. Et tout d'abord la pensée du jour pour nos ados.


« Le bonheur est la motivation »

3 avril
Réalise tout ce que tu maîtrises
C’est déjà énorme !
Alors, ne te décourage jamais
Et devant l’obstacle
Fais preuve d’humilité
C’est la première des forces
Pour se surpasser


L'humilité est bien le mot à garder dans son encrier cérébral lorsqu'on part à la rencontre de la page blanche. Le Verbe est le maître et les artisans plus nombreux que les artistes mais il faut aussi des tailleurs de routes pour que d'audacieux scribouilleurs deviennent de belles plumes. Ecrire sera donc le mot du jour. 
Ce temps de confinement où il est amusant mais aussi fastidieux de ranger sa bibliothèque numérique, permet de partager des textes dont celui-ci... ( extrait de "un petit point point c'est tout").

Ecrire
combien de pages couvertes
gardées et déchirées
j’ai à moi seul
une forêt en renaissance
écrire
aussi fou soit-il
écrire
c’est poursuivre un rêve
qui tous nous habite
je trace des mots
et
je trace des instants
de bonheur ma place
est là
entre deux
lignes

On passe un cap comme on passe une porte, sans se soucier de ce qui nous attend derrière et de ce qu'on laisse derrière nous, la porte devenant un espace temps d'à peine quelques centimètres…
Quel cadeau seront nos mots et nos pensées ?
Quels amis réclameront une lettre ?
Quand l'envie vous habille le coeur et fait swinguer votre esprit, n’est-il pas de plus heureuse habitude que d'écrire une lettre ?
Ecrire une lettre ouverte qui à nouveau, vous fera glisser dans les mots, dans les phrases, dans les impressions, les pensées de corps et de coeur.
A l'envi, au besoin, sans contrainte, pourquoi ne pas coucher vos courriers qui finalement pourraient s'adresser à tout un chacun.
Que ces courriers ne restent pas sans réponse est sans doute un vœu à lancer à l’oreille du facteur.

Voilà encore un beau défi pour chacun d'entre vous?
Ecrivez! Ecrivez-moi! Ecrivez-vous!

jeudi 2 avril 2020

La longue vue, la loupe et le microscope






Bonjour! Avant de partager avec vous place à la pensée du jour pour nos ados en quête de motivation.

« Le bonheur est la motivation »


2 avril

Prends le temps de parler calmement
S’énerver n’apporte rien
Mais si tu dois péter les plombs
Trouve le bon moyen
D'éviter le tsunami des ennuis





Aujourd'hui, j'ai choisi de partager avec vous ce conte que j'ai écrit  pour les jeunes en questionnement . A l'heure actuelle , je pense qu'il fera du bien aussi  à ceux qui sont peut-être un peu perdus voire même confinés à l'excès. Ce conte s'intitule donc la longue vue, la loupe et le microscope. Chacun y trouvera son..."conte"...! Bonne lecture!

La longue vue, la loupe et le microscope

Il était une fois un voyageur solitaire dont le bateau fit naufrage sur une île déserte. Fort heureusement, cet aventurier était instruit, cultivé, ingénieux et travailleur. Il connaissait l’histoire de Robinson Crusoé et la chance lui avait souri car son bateau qui finit par couler abandonna sur la plage : coffre à outils, coffre à habits, coffre à nourriture, il récupéra aussi des allumettes et son journal de bord.
Ainsi, les premiers jours passèrent et notre naufragé eut tôt fait de répondre à ses besoins prioritaires. Il bâtit une maison qu’il consolidait et embellissait chaque jour craignant sans doute qu’une tempête ne revienne ou que cette même tempête ne lui envoie quelques invités. Il fabriqua un arc et des flèches pour se rassurer car l’île était si petite qu’il pouvait en faire le tour en quelques minutes et qu’aucun animal n’avait fait territoire de ce petit paradis. Il fabriqua une canne à pêche qui lui était très utile tant le poisson abondait et s’il acceptait de se priver de viande afin de ne pas tuer les rares oiseaux qui peuplaient l’île, il pouvait se réjouir d’avoir à proximité une eau de source qui semblait intarissable. Bref, allongé dans son hamac, sachant que de toute façon, la vie l’avait vu grandir orphelin et vieillir célibataire, il se disait que rien ne lui manquait vraiment.
Or, voilà qu’un jour, une tempête déchira son horizon bleu azur. Si sa maison résista aux vents violents, si les oiseaux trouvèrent refuge entre les arbres, il vit rouler sur la petite plage : algues, méduses, coquillages mais aussi des déchets marins que la mer dans sa grande lessive semblait avoir vomis sur le sable. Comme il était courageux à la tâche, il fit rapidement le nettoyage et quelle ne fut pas sa surprise quand il découvrit prisonnier d’un amas d’algues un petit coffre de bois dont le vernis scintillait encore de-ci, de-là.
A cet instant, comme si c’était son tour, ce fut son imagination qui bascula dans la tempête. Les yeux du brave marin brillaient de l’or, des pierres précieuses, des bijoux que préservait sans doute cette brave et robuste cachette au trésor. Fébrile, il transporta le coffre jusqu’à sa table et hésita longuement avant d’envisager définitivement qu’il allait l’ouvrir. Son hésitation n’était que prétexte à faire durer l’effervescence de son imaginaire un peu comme le petit enfant qui souhaiterait que le feu d’artifice n’ait pas de fin. Il s’accorda ainsi mille rêves de fortune et de gloire dont essentiellement celui où il rentrait chez lui à la barre d’un vaisseau flambant neuf mais comme il n’avait pas vraiment un vrai chez lui, vraiment, il laissa s’éteindre la dernière fusée de son imagination.
Il se décida alors à ouvrir ce qui était devenu davantage qu’un précieux réceptacle. Ses outils eurent tôt fait de maîtriser la serrure et lentement il souleva le couvercle libéré. Le soleil fit alors briller trois objets soigneusement rangés dans un demi-étui de toile rouge, ce genre de toile qui d’habitude câline les perles rares.
Il soupira quelque peu déçu, posant sur la table tour à tour : une longue-vue, une loupe et un microscope. Il souleva la toile, la secoua mais rien d’autre n’apparut et c’est assez perplexe qu’il envisageait maintenant ce qui, somme toute, était sa nouvelle richesse.
Au bout d’un moment, il prit la longue-vue et scruta l’horizon mais comme il n’y avait rien, il ne songea pas à voir jusqu’à quelle distance cet outil précieux aux marins pouvait faire voyager ses yeux. Il rangea donc la longue-vue et s’empara de la loupe songeant déjà que vu le mordant du soleil sur cette île étroite, ce simple instrument pourrait l’aider le jour où il n’aurait plus d’allumettes. Quelque peu satisfait, il rangea la loupe et installa le microscope concluant tout aussi rapidement que s’il avait été chercheur, scientifique, professeur ou savant ou peut-être même encore collectionneur, ce bel objet lui aurait paru doublement précieux mais l’envie même de s’amuser à observer quelques insectes plus minuscules que la précision de ses yeux l’avait déjà quitté pour laisser place à sa déception.
Le temps passa et épuisa peu à peu la belle régularité du solitaire à le figer sur un calendrier de fortune. Un beau soir, alors qu’il était allongé sur la plage scrutant les étoiles, il sursauta. Surpris d’être surpris par sa propre bêtise aveuglant son si bel engouement à vouloir comprendre les choses. Il se rappela alors combien, dans son enfance, son esprit s’était heurté à l’incapacité de comprendre l’infinité de l’univers, les secrets de l’espace. Son âme d’enfant mobilisa son corps amaigri et fatigué. Il courut chercher sa longue-vue comme si l’urgence devenait son essentiel. Quelques instants plus tard, il scrutait le ciel d’été semeur d’étoiles s’amusant à quitter l’horizon pour cheminer d’un point lumineux à l’autre jusqu’à la lune. Quelle ne fut pas sa surprise quand il réalisa que la longue-vue lui offrait l’infinie impression de pouvoir caresser l’astre laiteux. Il comprit aussitôt qu’il pourrait capturer l’image d’une voile aussi lointaine serait –elle mais réalisa l’instant d’après que la distance serait aussi vite une ennemie l’empêchant de prévenir tout secours potentiel. C’est alors que le brave marin se mit à faire ce qu’il n’avait plus fait de longue date : réfléchir.
Ainsi, il se demanda pourquoi quelqu’un avait pris la peine de rassembler dans le même coffre trois instruments à la fois différents et complémentaires. En réalité, chaque instrument a une utilisation spécifique. Ainsi, le microscope lui permettrait de voir ce que cacherait la poussière de lune, la loupe lui permettrait de mieux voir cette poussière et la longue-vue de s’en rapprocher….
Il appliqua ce raisonnement à diverses situations. Ainsi par exemple, sa longue-vue lui permettait d’observer sans les perturber, ses plus proches voisins, volatiles multicolores. Si sa loupe l’aidait non seulement à allumer un feu, il se souvint d’une autre loupe qui, autrefois, permit à l’enfant d’observer l’effervescence des fourmis. Le microscope ne lui était d’aucune utilité. C’est du moins ce qu’il pensait et ce qu’il pensa jusqu’au soir où il craqua la dernière allumette dont la flamme lui rappela qu’il n’avait jamais pu la préserver au-delà d’une nuit. Cependant, la situation ne lui parut pas catastrophique car son âme d’enfant venait de le remplir d’espérance. Il s’endormit donc à même le sable encore chaud rêvant qu’il explorait la lune empreint de la belle assurance des plus grands explorateurs.
Le lendemain, le soleil brillait fort. A l’aide de sa loupe, il décida d’allumer un feu. Rassemblant quelques brindilles sèches, il ramassa aussi quelques cailloux enfouis au pied d’un palmier afin de créer un petit foyer. Il plaça la loupe entre le soleil et le petit tas d’herbes dont l’odeur se mêlait à son invisible espérance. Son cœur battait comme s’il était le roi d’un nouveau monde. Il cherchait le faisceau qui allait noircir le premier brin d’herbe faisant monter la fumée de l’espoir. Soudain, un éclat jaillit du sol et cinglant meurtrit ses yeux à un point tel qu’il lâcha la loupe. Fort heureusement, le sable amorti sa chute. L’aventurier se mit alors à chercher d’où venait cet éclair.
La loupe eut tôt fait de jouer son rôle de révélatrice : de la poussière brillait entre et sur ses doigts. Il eut tôt fait de la recueillir pour mieux la déposer sous l’œil magique du microscope. Alors, l’éclair dépassa l’aveuglement et gonfla son cœur et tout son corps d’une folle frénésie qui fit le tour de la plage et sans doute le tour du monde tant sa joie était irrésistible : de l’or ! Il venait de découvrir que son île, désormais, il fallait le savoir tout s’ajoutait à sa possession : sa longue-vue, sa loupe, son microscope et son île, cette île était bien plus qu’une île au trésor. Elle était son île au trésor.
Les jours suivants, il creusa et creusa encore découvrant pépite sur pépite. Fort heureusement, l’or ne lui monta pas à la tête tant la joie demeurait en son cœur comme celle de l’enfant qui sait que d’autres aventures l’attendent.
L’or ne lui monta pas à la tête mais elle poussa son imagination à nourrir chacun de ses rêves. Ainsi, il se voyait entouré de chevaux et d’immenses prairies puis il survolait la terre à bord d’une montgolfière. Il rencontrait princesses et notables et autres admirateurs de ses récits d’aventures. Il voyait son île visitée par des milliers de voyageurs comme autant de fourmis aimantées par le sucre d’une savoureuse pâtisserie.
Ses rêves nourrirent, bien avant son ambition, son envie de retrouver la terre ferme et quelques personnes qui, lui plaisant, seraient sans doute de belles amitiés. Ainsi donc, un beau matin, il se réveilla avec la bonne intention de quitter son royaume pour regagner sa bonne vieille terre, son petit hameau et cette petite maison qui ne payait pas de mine et dont certainement les animaux de la forêt avaient fait leur abri ou les oiseaux un énorme nid. C’est en songeant aux oiseaux de ses campagnes qu’il fut attiré par les piaillements des oiseaux de son île. Il les vit sautillant autour des trous et des tas de terre et de sable mêlés que sa recherche d’or avait fait naître. Sans vraiment trop y réfléchir, il vit d’un bon œil l’envie de reboucher tous ces trous et de rendre ainsi à l’île son apparence première. Cette décision sembla convenir aux oiseaux qui terminaient de se régaler des derniers insectes que les travaux de remise en ordre avaient poussés au soleil.
C’est en observant ces convives colorés qu’il se demanda s’ils avaient déjà songé eux-aussi à quitter ce petit territoire. Aucun d’entre eux n’avait l’air d’être enclin aux grands voyages comme les dévorent les oiseaux migrateurs et puis qui aurait envie de quitter un lieu où tout semble venir à propos….
Il aurait certainement pu faire une embarcation assez résistante en sacrifiant son logis mais il n’avait aucune envie de détricoter l’ouvrage de ses premières semaines sur l’île. Pourtant, il savait que cette fois, quitter l’île était sa priorité. Il décida donc de faire le tour de l’île et de récolter tout le bois qui s’offrait à lui comme il l’avait fait les premiers jours après le naufrage. Il entama sa ronde empreint d’un ressentiment étrange comme celui d’un roi s’en allant saluer ses sujets enracinés avant un grand voyage.
Quelle ne fut pas sa surprise quand il arriva à mi-parcours ! Là où il avait récolté ses premiers bois morts d’énormes bambous semblaient pousser à vue d’œil. Il réalisa rapidement qu’il s’agissait d’une variété exceptionnelle poussant allégrement mais la question qui l’envahit fut :comment les graines de bambou étaient-elles arrivées là ? Il finit par se dire que tempêtes, naufrages, voyageurs, oiseaux de passage ou autres raisons ne diminueraient ni n’augmenteraient l’aubaine qui s’offrait à lui. Il avait là de quoi construire une solide embarcation et son enthousiasme décupla ses forces qui libérèrent sa joie. Il lui semblait s’autonourrir. Il ressentait l’impression de voir grandir en lui son enfance et ses rêves. Son esprit galopait. Il eut ainsi coup sur coup des idées qui lui parurent pouvoir rivaliser avec les plus grands esprits terrestres. Régulièrement, il s’emparait de la longue vue et balayait méticuleusement l’horizon. C’est ainsi qu’il découvrit le passage régulier de navires marchands et qu’il s’assura un cap. Régulièrement encore, il observait aussi les oiseaux de son paradis qui survolaient l’île et se laissaient porter par le vent chaud répétant les mêmes départs et arrivées. Il fixa ainsi son heure de départ avec un vent favorable qui gonflerait sa voile de fortune capable de lui faire surmonter la dernière vague vers l’île et la première ouvrant le voyage sur le grand océan. Régulièrement enfin, il observait le ciel étoilé et le gravait sur une planche sûr qu’un jour, cette carte de fortune le ramènerait sur l’île.
Vint enfin le jour où il fut prêt.
Il ne me serait aucune tâche plus délectable que celle de vous conter la suite mais pourtant je ne puis car ce qui arriva à notre brave marin, je l’offre à votre imagination frénétique ou sage, toutefois, il me plaît de vous partager ce que fit notre aventurier quelques instants avant son départ.
Animé d’une profonde certitude, celle-là même qui l’avait mené à l’action, il décida qu’il allait laisser sur l’île ces trois précieux instruments qui lui avaient permis d’éveiller son cœur, de ranimer son enthousiasme et son optimisme, de lui rendre sa joie d’enfant et de l’ouvrir aux rêves les plus fous et à la fois les plus sages. Ce trésor avait traversé le visible et l’invisible pour allier son cœur et son âme à sa volonté de vivre.
La longue-vue, la loupe et le microscope posés sur le sable brillaient au soleil du matin. Et voici ce qui arriva. Notre brave marin, voulant retirer les derniers grains de sable prisonniers de la toile rouge, la secoua comme il l’avait fait au jour de la découverte puis il retourna la boîte et souffla à l’intérieur. C’est alors qu’il réalisa que quelque chose était gravé à même le bois patiné…il s’empara de la loupe pour découvrir ce qu’un poinçon confié à des mains habiles avait fixé comme une épitaphe burinée dans la pierre.
Voici ce que la loupe révéla : « on cherche parfois bien loin une solution pour un problème microscopique car l’œil nu se rit lui-même de la loupe qui ne fait que l’agrandir… ».
Il ne chercha même pas à méditer sur cette pensée car l’immense océan ne pourrait à lui seul contenir tout le sens façonné par les jours vécus sur l’île…sens de la vie, sens du hasard, sens du destin, sens de l’effort, sens du rêve….
A l’instant précis et présent, le vent lui était favorable…il poussa son radeau vers les premières vagues, hissa sa grande voile de fortune et sans se retourner s’élança en poussant un cri de joie qui éparpilla tous les oiseaux comme un dernier feu d’artifice voulant être vu dans l’échappée nocturne…
FIN

 





mercredi 1 avril 2020

Mes mots, votre musique, vos voix....Ah! Quel temps extraordinaire!

Photo libre de droit de Carte Blanche Vierge banque d'images et ...
Qui dit 1 avril dit aussi cadeaux, surprises, émotions,rires...et toujours créativité!
Aujourd'hui, je suis Francis Cabrel mais sans guitare...ah si! J'ai emprunté la raquette de badminton de ma fille et je vous donne les accords à suivre: Roland Garros en La, Wimbeldon  en Ré et Flushing Meadows en Si...alors je vous livre les paroles et je vous laisse trouver un air, un ton....
Bien entendu, je dédie cette chanson à bien des personnes et en particulier à ceux qui poursuivent le travail inévitable et je pense à mon épouse sage-femme qui dans ce temps particulier où tant de vies s'envolent doit en accueillir de nouvelles avec le sourire et le réconfort tant espérés....
N'oublions pas qu'il y a quelques semaines à peine, des infirmières étaient jetées au sol par des forces de l'ordre qui aujourd'hui sont bien forcées d'admettre qu'il n'y a plus d'ordre ou bien si, un seul: vivre!
Voici donc la chanson faites de mes mots et de votre musique: "Ah quel temps extraordinaire!"

Ah quel temps extraordinaire
Nous vivons là, si las, nous
Enrôlés dans une drôle de guerre
Où l'adversaire s'en fout
Comme dans une partie de poker
L'homme balance ses atouts
Tandis que les grands de la terre
Jouent soi-disant leur va-tout

Ah! Qu'il est difficile 
De garder les pieds sur terre
Quand des milliers d'entre nous
Ah quel temps extraordinaire
Ne les ont plus du tout...

J'aime les pains de ma boulangère
Ses tartes et ses petits choux
Entre nous un plexy fait barrière
Figeant un petit dégoût
Ces merveilleux et ces bons éclairs
Ne me plaisent plus du tout
Adieu la crème pâtissière
Je vais faire des cougnous

Ah! Qu'il est difficile 
De garder les pieds sur terre
Quand des milliers d'entre nous
Ah quel temps extraordinaire
Ne les ont plus du tout...

L'infirmière si ordinaire
Est la star du "sauvez-nous"
Elle qui prenait sur la cafetière
D'la matraque et pas un sou
Voilà que tout est humanitaire
Que chacun pense au "nous"
Ces grands héros sont tous nos frères
Et mêm'nos soeurs après tout

Ah! Qu'il est difficile 
De garder les pieds sur terre
Quand des milliers d'entre nous
Ah quel temps extraordinaire
Ne les ont plus du tout...

En amour, plus de préliminaires
L'homme se méfie de tout
Il devient son seul partenaire
Son i-porn et c'est bien mou
L'infidélité vit un enfer
On ne trompe plus du tout
Miss babyboom pas de mystère
Elle sera au rendez-vous

Ah! Qu'il est difficile 
De garder les pieds sur terre
Quand des milliers d'entre nous
Ah quel temps extraordinaire
Ne les ont plus du tout...

Un jour viendra bien salutaire
Un jour d'an neuf rendez-vous
Où s'ra dompté ce solitaire
Covid 19 loin de nous
Je pourrai alors satisfaire
Mes besoins d'homme debout
Ou accroupi sur vos frontières
Le prochain virus s'en fout

Ah! Qu'il est difficile 
De garder les pieds sur terre
Quand des milliers d'entre nous
Ah quel temps extraordinaire
Ne les ont plus du tout...

A tous les passants sur la terre
Oui, je veux chanter tout doux
Corona était une première
D'autres viendront bien pour nous
Un virus n'a pas de frontières
Et se fout bien des gros sous
Il est temps d'éteindre la lumière
 De s'aimer par dessus tout

Ah! Qu'il est difficile 
De garder les pieds sur terre
Quand des milliers d'entre nous
Ah quel temps extraordinaire
Ne les ont plus du tout...

Ceci n'est pas un poisson d'avril! Ben non, c'est mon chien dans la neige...




Ceci n'est pas un poisson d'avril!
Ben non, c'est mon chien dans la neige...

Aujourd'hui, une nouveauté! Chaque jour sous une petite rubrique baptisée:« Le bonheur est la motivation », j'ajouterai une pensée extraite du "calendrier booster perpétuel pour ados" créé pour les jeunes que j'accompagne. Beaucoup d'adolescents rencontrent des difficultés liées à l'estime de soi, la confiance en soi et la connaissance de soi...et je leur rappelle qu'ils ont bien tort et que chacun peut arriver à révéler tout le positif qui sommeille en lui....On le découvre chaque jour et plus particulièrement ces derniers jours.
Voici la pensée de ce premier avril:


1 avril

Aux soldats, on impose les rangs

Les enfants vont main dans la main
A toi l’ado de marcher comme il faut
Là où il faut
Mais ne piétine jamais
Les plates-bandes
Du respect


Aux ados, je parle souvent de défis positifs. Des premiers pas dans l'audace qui font qu'un matin l'un se révèle être un talentueux dessinateur mais aussi médiateur ou encore porteur du rire...des premiers pas nous en faisons souvent et ce, dans différents domaines....
Alors, dans ce temps de confinement, offrons-nous une surprise, soyons altruistes et peut-être un peu égoïstes aussi mais prenons le temps de faire quelques pas dans un domaine inconnu où poussent des arbres étranges habillés de feuilles blanches qui invitent à la créativité! 
Bonne pêche les amis!







26 mars 2020- 26 mars 2021 la boucle est faite!

  Le bonheur est la motivation 26 mars Tous capables ! Tous formidables ! Ne doute jamais De ce que tu peux apporter Aux autres Celui qui d...